Le tribunal bloque BYOOVIZ en raison d'un risque de confusion de marque

Résumé

La Cour fédérale confirme l'injonction contre BYOOVIZ, invoquant un risque de confusion en matière de marques et soulignant l'importance de la protection des patients et de l'intégrité des marques dans le secteur pharmaceutique.

La Cour d'appel fédérale (CAF) a récemment confirmé une injonction interdisant l'utilisation de la marque de commerce BYOOVIZ pour un médicament biosimilaire ophtalmique, renforçant ainsi le principe juridique selon lequel des marques similaires peuvent créer de la confusion sur le marché. La décision, Samsung Bioepis c. Novartis, 2025 CAF 212, marque un moment crucial en droit des marques de commerce, soulignant l'importance de surveiller et de prévenir la confusion chez les consommateurs.

Le litige : BEOVU contre BYOOVIZ

Novartis détient la marque de commerce enregistrée BEOVU pour son médicament anti-VEGF, utilisé pour traiter la dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA) de forme humide. Le principe actif de BEOVU est le brolucizumab. Samsung Bioepis et Biogen ont lancé un biosimilaire sous le nom de marque BYOOVIZ, un produit conçu pour imiter le médicament de Novartis, utilisé pour la même affection.

Novartis a intenté une poursuite alléguant une contrefaçon de marque de commerce, une usurpation d'identité commerciale (passing off) et un préjudice à sa réputation. Le tribunal de première instance a conclu que la marque BYOOVIZ était susceptible de créer de la confusion chez les patients et les professionnels de la santé, violant ainsi la Loi sur les marques de commerce du Canada. Une injonction permanente a été émise pour bloquer l'utilisation de BYOOVIZ.

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Samsung Bioepis et Biogen ont interjeté appel, soutenant que l'injonction devrait être suspendue en attendant l'examen de l'affaire. La CAF a rejeté cette demande, confirmant la décision du tribunal de première instance.

Décisions juridiques clés : Les patients en tant que consommateurs

Une question centrale dans cet appel portait sur la détermination de savoir si les patients, et non seulement les médecins ou les pharmaciens, devaient être considérés comme des consommateurs pertinents pour évaluer la confusion liée aux marques de commerce.

La CAF a statué que les patients doivent être inclus dans l'analyse. Le tribunal a souligné que le test de probabilité de confusion est hypothétique et ne dépend pas d'une exposition réelle à la marque de commerce. Cela s'aligne sur les récentes décisions de la Cour suprême, notamment Mattel c. 3894207 Canada Inc. et Masterpiece c. Alavida Lifestyles, qui soulignent que le droit des marques de commerce protège la capacité des consommateurs à faire des choix éclairés.

Le tribunal a également cité Ciba-Geigy Canada c. Apotex, une affaire marquante reconnaissant les patients comme des parties prenantes dans les marques de commerce de médicaments sur ordonnance. La CAF a endossé le recours du tribunal de première instance à ce précédent, mettant en évidence l'objectif politique plus large de prévenir la tromperie des consommateurs.

Implications pour les entreprises

La décision renforce le fait que la seule similarité des marques de commerce peut déclencher des actions en justice, indépendamment d'un chevauchement réel sur le marché. Les entreprises doivent surveiller activement les conflits potentiels, en particulier dans les secteurs où la sécurité des patients et la clarté du traitement sont primordiales.

Pour les entreprises pharmaceutiques, la décision souligne la nécessité d'équilibrer l'innovation avec le respect des marques de commerce existantes. Les fabricants de biosimilaires, en particulier, font face à un examen accru en raison de la nature critique de leurs produits.

L'affaire signale également un changement dans l'orientation judiciaire vers la protection de la confiance des consommateurs. Les tribunaux accordent de plus en plus d'importance au rôle des utilisateurs finaux dans les litiges relatifs aux marques de commerce, veillant à ce que les marques soient tenues responsables de toute confusion potentielle.

Résultat et prochaines étapes

La CAF a rejeté l'appel mais a accordé une suspension de l'injonction, en attendant un éventuel examen par la Cour suprême. Avant la décision, Samsung Bioepis avait déjà rebaptisé son produit MELVIZO, signalant une démarche stratégique visant à éviter de nouveaux embarras juridiques.

Cette affaire sert de rappel aux entreprises naviguant dans le domaine du droit des marques de commerce. La confusabilité n'est pas seulement un risque juridique ; c'est aussi un risque réputationnel et opérationnel. La surveillance, l'intervention précoce et le choix stratégique des noms sont essentiels pour éviter des litiges coûteux et protéger l'intégrité de la marque.

IP Defender surveille les bases de données nationales de marques de commerce pour détecter les conflits et les contrefaçons, aidant ainsi les entreprises à anticiper les menaces potentielles. En suivant plus de 50 pays, y compris l'UE, les États-Unis et l'Australie, IP Defender assure une protection complète contre les enregistrements frauduleux ou susceptibles de créer de la confusion.

L'importance d'une surveillance proactive des marques de commerce ne saurait être surestimée. Grâce à l'expertise d'IP Defender dans l'identification et l'atténuation des risques, les entreprises peuvent sauvegarder leur propriété intellectuelle et éviter les pièges des litiges juridiques.