Les appels en matière de marques de commerce au Canada exigent désormais l'autorisation du tribunal pour l'admission de nouveaux éléments de preuve.

Résumé

Les appels en matière de marques de commerce au Canada exigent désormais l'autorisation du tribunal pour l'admission de nouveaux éléments de preuve, les juges évaluant leur pertinence, leur caractère déterminant et le moment de leur production afin d'équilibrer équité et efficacité.

La Loi sur les marques de commerce du Canada a subi une modification importante, entrée en vigueur le 1er avril 2025. Le paragraphe 56(5) exige désormais que les parties obtiennent l'autorisation du tribunal avant de soumettre des preuves supplémentaires lors d'appels de décisions du registraire, y compris celles émanant de la Commission des oppositions en matière de marques de commerce (COMC). Contrairement aux règles précédentes, cette modification ne précise pas de critères clairs pour l'octroi d'une telle autorisation, laissant aux tribunaux le soin d'interpréter la norme applicable.

Cette ambiguïté a récemment été traitée dans l'affaire Products Unlimited, Inc. c. Five Seasons Comfort Limited, 2026 CF 48, où la Cour fédérale a fourni les premières orientations substantielles concernant le paragraphe révisé. La décision souligne l'importance d'établir un équilibre entre l'équité procédurale et la nécessité de processus judiciaires efficaces.

Comment l'autorisation est accordée

Le juge McHaffie a souligné que l'autorisation de déposer des preuves supplémentaires n'est ni automatique, ni exceptionnellement rare. Le tribunal évaluera les demandes selon une approche flexible, en se concentrant sur les intérêts de la justice. Les facteurs clés incluent :

Essayez IP Defender sans risque
  • Pertinence et crédibilité des preuves
  • Importance des preuves pour l'affaire
  • Circonstances de tout retard dans la présentation
  • Préjudice potentiel pour la partie adverse

Dans cette affaire, le tribunal a accordé l'autorisation au demandeur car les preuves abordaient des questions fondamentales qui n'étaient devenues claires que durant la phase des arguments écrits. Cela met en lumière l'importance de présenter toutes les informations pertinentes dès le départ, même si leur importance n'est pas immédiatement apparente.

Calendrier et étapes procédurales

Bien que le tribunal ait précisé que l'analyse relative à l'autorisation est distincte du fond de l'appel, il a décrit les étapes procédurales pour les appels. Conformément aux lignes directrices mises à jour entrant en vigueur le 18 juillet 2025, les appelants doivent :

  • Inclure une lettre dans leur acte d'appel indiquant s'ils sollicitent une autorisation en vertu du paragraphe 56(5)
  • Demander à un juge de gestion de l'instance de traiter des questions procédurales, y compris le calendrier et la méthode de détermination de l'autorisation
  • L'autorisation elle-même est décidée par le juge chargé des requêtes

Le tribunal a insisté sur le fait que le calendrier variera selon les spécificités de chaque affaire, exigeant des parties qu'elles naviguent dans ce processus avec prudence.

Norme de contrôle judiciaire

La décision réaffirme que les modifications apportées au paragraphe 56(5) ne changent pas le cadre établi pour l'examen des appels. Les principes clés incluent :

  • Les questions de droit sont examinées selon la norme de la correction
  • Les questions de fait et les questions mixtes de fait et de droit sont évaluées selon la norme de l'« erreur manifeste et dominante », sauf si des preuves supplémentaires sont admises
  • Si l'autorisation est accordée et que les preuves sont pertinentes, le tribunal procédera à un examen de novo des conclusions affectées par les nouvelles preuves, tout en appliquant la norme de l'« erreur manifeste et dominante » aux conclusions non affectées

Le tribunal a également noté que la pertinence est généralement évaluée au stade de l'autorisation, rendant peu probable l'acceptation de preuves sans lien avec les conclusions du registraire.

Conséquences pour les entreprises

L'arrêt constitue un élément essentiel à considérer pour les entreprises afin de présenter leur dossier le plus solide dès la phase initiale, avant la COMC. Retirer des preuves en vue d'un appel risque d'entraîner un refus d'autorisation, car les tribunaux privilégient les présentations opportunes et complètes.

Pour les propriétaires de marques, cette décision souligne l'importance d'une surveillance proactive et d'une gestion stratégique des preuves. Les évaluations de risque de confusion et la protection continue de la marque doivent être abordées tôt pour éviter des obstacles procéduraux aux étapes ultérieures.

Le paysage évolutif du droit des marques exige vigilance, clarté et une compréhension approfondie des règles procédurales. Alors que les tribunaux affinent leur approche, les entreprises doivent s'adapter pour garantir que leurs dossiers respectent les normes d'équité et d'efficacité.